La réforme de la dépendance n'aura pas lieu avant la fin du quinquennat. En attendant, les initiatives se multiplient pour répondre à des besoins croissants, en particulier pour les aidants.
"Il n'y aura pas de nouvelles mesures réformant la prise en charge de la dépendance des personnes âgées avant l'élection présidentielle". C'est ainsi que le ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, François Baroin, concédait début janvier 2012 l'abandon officiel par le gouvernement de ce qui devait être la dernière grande réforme du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
3 scénarios avaient été pourtant imaginés par le groupe de travail chargé d'élaborer une "stratégie pour la couverture de la dépendance des personnes âgées" :
Abandonnée cette réforme, vraiment ? Disons plutôt reportée. Car quel que soit le vainqueur de l'élection présidentielle, le sujet s'imposera à lui. Plusieurs candidats ont déjà pris position, par exemple François Hollande, qui s'est prononcé pour la création d'un 5e risque financé par une cotisation spécifique...
L'enjeu est de taille. Estimé aujourd'hui à 1,2 million, le nombre de personnes âgées dépendantes devrait passer à 1,5 million en 2025 et 2,2 millions en 2040. Une évolution démographique qui devrait entraîner, selon les dernières projections, un besoin de financement supplémentaire de 9 milliards d'euros pour les pouvoirs publics en 2040. A l'échelle individuelle, April rappelle que "le coût moyen de la dépendance s'élevait en 2009 à 1.800 euros par mois à domicile et 2.300 en établissement, alors que plus de la moitié des retraités touchent une pension inférieure à 1.000 euros et que le montant moyen des aides d'Etat est de 450 euros".
Confrontés mécaniquement à des reste à charge très importants, les Français sont particulièrement démunis face au risque de perte d'autonomie. Et ni les aides publiques, ni les contrats d'assurance dépendance, particulièrement critiqués, ne suffisent aujourd'hui à leur assurer une couverture satisfaisante.
Dans ce contexte, les aidants, c'est-à-dire les quelque 6 millions de personnes en France qui apportent leur soutien à un proche handicapé, âgé ou malade, jouent un rôle primordial, mais aussi très difficile. C'est pour les soulager ou faciliter leur action que, dans l'attente d'une réforme, se multiplient les initiatives.
Après aveclesaidants.fr (Macif), entreaidants.fr (Axa), etreaidant.com (Crédit agricole Assurances) ou vivrenaidant.fr (La Banque postale), de nouveaux sites d'information à dimension participative ou communautaire, ont ainsi vu le jour ces derniers mois. Parmi ceux-ci, jaideunprochedependant.fr (Allianz) ou aidonslesnotres.fr (AG2R La Mondiale).
Les assureurs ont également développé récemment des offres spécifiques en direction de cette population. Europ assistance et Capitis ont ainsi créé Aidalage, le premier contrat d'assistance aux aidants. Un produit qui peut être souscrit par l'aidant, même si l'état de dépendance de la personne aidée est déjà déclaré. Il apporte des services tels qu'une assistante sociale, un audit de l'habitation, un diagnostic financier, la livraison des médicaments ou des repas, le remplacement de l'aidant en cas d'hospitalisation...
Autre nouveauté, le contrat Aide aux aidants signé AG2R La Mondiale, finance également l'accompagnement de la personne aidée en cas d'indisponibilité de l'aidant, en cas d'hospitalisation imprévue de plus de 24 heures ou d'une immobilisation de plus de 5 jours. Les trois forfaits proposés (3h, 6h ou 9h par jour) incluent des services d'aide ménagère, d'auxiliaires de vie, etc.
Allianz de son côté s'est associé à Mondial Assistance pour lancer Solution Aidants, un ensemble de services inclus dans les garanties d'assistance de ses contrats dépendance : bilan de vie, installation d'un dispositif de téléassistance, formation et accompagnement au rôle d'aidant, recherche et prise en charge d'une solution d'hébergement temporaire du proche dépendant pour offrir une "pause" à l'aidant...
Quant aux derniers contrats dépendance d'April Santé Prévoyance (Serenassur + Rente et Serenassur + Capital), ils prévoient eux aussi des services complémentaires pour aider les aidants dans leur rôle : recherche d’établissements spécialisés, soutien psychologique, prise en charge d’un remplaçant en cas d’hospitalisation, aide administrative...
A signaler pour terminer deux initiatives, toujours en faveur des aidants. D'abord celle du Crédit Agricole Assurances, qui renouvelle son appel à projets portant sur le financement de projets associatifs locaux en faveur des aidants familiaux ou bénévoles. D'autre part la convention de partenariat signée le 29 février 2012 entre le groupe de protection sociale Pro BTP et l'Association française des aidants pour mener à bien des projets communs : Café des aidants, Carte de l'aidant, actions d'information et de formation, projet Vacances Répit Famille...