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Assurances : le bilan de 2011 30 décembre 2011

Auto, habitation, santé, prévoyance... L'actualité de l'assurance a été riche en 2011. Voici ce qu'il faut en retenir du point de vue des assurés.

Des tarifs à la hausse

Les assurés retiendront sans doute avant tout que pour la deuxième année consécutive, le tarif des assurances a encore augmenté en 2011.

Pour expliquer cette hausse généralisée (+ 2,5% pour l'automobile, + 3,5% pour l'habitation, + 5% pour la santé en moyenne), les assureurs ont invoqué entre autres le poids croissant de la sinistralité ou le déremboursement de nouveaux médicaments. Des arguments que l'ex-ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a finalement jugés valables début 2011 après vérification, en invitant les consommateurs à faire jouer la concurrence. Heureusement, les nombreux comparateurs disponibles sur Internet devraient les y aider. D'après une enquête de la DGCCRF présentée au CCSF en juin 2011, leur fonctionnement s'est amélioré, tant en termes d'impartialité que de transparence.

Ceux qui souhaitent bénéficier de tarifs toujours plus avantageux pourront aussi s'orienter vers un site innovant, créé sous le nom de Freeassur et devenu entretemps assurofer.com. Le site fonctionne sur le modèle des achats groupés et fait un peu office de "Groupon de l'assurance".

Assurance auto/habitation : nouveaux acteurs, nouveaux contrats

L'actualité de l'assurance dommages a été marquée cette année par l'arrivée d'un nouvel acteur qui pourrait bien se révéler mastodonte. Forte de son réseau d'agences exceptionnel, La Banque postale s'est en effet lancée dans l'assurance habitation et dans l'assurance auto avec de grandes ambitions. A une autre échelle, l'apparition sur ces marchés du courtier AcommeAssure (avec ses produits AcommeAuto et TcommeToit), ou de L'Olivier Assurances (filiale du groupe britannique Admiral) sont à signaler.

La Caisse d'épargne (avec AssurToit, une assurance prenant en charge les loyers ou les mensualités de crédit en cas de sinistre), la Maaf (avec son intéressant Bonus Cumulus), Allianz (avec son assurance auto sur mesure), Fortuneo ou encore la Banque populaire (avec une nouvelle version d'Assur-BP Auto), y sont allés eux aussi de leur petite nouveauté en 2011.

Notons que les assureurs s'intéressent de plus en plus aux appareils nomades et électroménagers. Axa, par exemple, propose un pack dépannage électroménager image et son, tandis qu'Allianz a noué un partenariat avec Darty pour gérer les sinistres des appareils électrodomestiques. De leur côté, BNP Paribas et BPCE assurent les appareils nomades de la famille. Le site magarantie.com innove en proposant aux assurés une seule garantie pour l'ensemble de leurs appareils ménagers. Et l'enseigne Casino rembourse votre abonnement téléphonique en cas de licenciement.

Assurance santé : se soigner coûte de plus en plus cher

En santé, l'année 2011 avait débuté par le passage de la consultation du médecin généraliste à 23 euros au lieu de 22 euros. Une évolution tarifaire sans incidence directe a priori sur le portefeuille des assurés car prise en charge par les assurances santé...

Le problème, c'est que les complémentaires santé ont dû compenser d'autres désengagements de l'assurance maladie. Ainsi, les médicaments à vignette bleue et les dispositifs médicaux sont-ils moins bien remboursés depuis 2011. Le forfait hospitalier a été revu à la hausse, les chambres individuelles sont désormais facturées même de jour et les frais de transport des malades en affection longue durée (ALD) ne sont plus remboursés lorsque ceux-ci sont capables de se déplacer.

De plus, les assureurs et mutuelles doivent faire face, depuis le 1er octobre 2011, au doublement de la taxation des contrats de complémentaires santé solidaires et responsables. Une taxation dont la plupart des assurés subiront la charge dans leurs cotisations 2012. La proposition (rejetée) de la députée Valérie Rosso-Debord (encadrer les tarifs en obligeant les mutuelles à puiser dans leurs réserves) et les enquêtes de l'UFC-Que choisir (qui a dénoncé le coût des complémentaires santé, ainsi que leurs frais et marges confortables) n'y changeront rien : se soigner coûte de plus en plus cher.

Résultat : s'ils s'estiment globalement satisfaits du remboursement des soins et assument leur responsabilité à l'égard du système de santé, les Français s'avouent pessimistes quant à son avenir. Ils le jugent surtout inégalitaire. De fait, des écarts de tarifs très importants (jusqu'à 60%) ont été constatés selon les départements et les étudiants vivent une situation de grande précarité. Selon plusieurs enquêtes, les Français n'hésitent plus, faute de moyens (29%) à renoncer à se soigner, ou à différer leurs soins pour raisons financières.

Dans ces conditions, les acteurs du marché semblent avoir en 2011 porté leurs efforts sur :

Prévoyance : la réforme de la dépendance attendra

Verra-t-on un jour la réforme de la dépendance, annoncée comme la dernière grande réforme du quinquennat ? Les Français, particulièrement démunis face au risque de dépendance attendent en tout cas beaucoup de cette réforme finalement reportée à 2012. Pour financer la perte d'autonomie, le Premier ministre François Fillon a déjà manifesté son hostilité à l'idée d'une assurance privée obligatoire. Il faut dire que les contrats dépendance sont sous le feu des critiques et ne sont pas plébiscités, loin de là, par les seniors. Seule nouveauté notable sur ce marché en 2011, la sortie du contrat de l'Afer, célèbre association d'épargnants.

Les contrats obsèques ont été, eux, visés par une recommandation de l'ACP les incitant à plus de pédagogie, tandis que les professionnels du funéraire étaient pointés du doigt par l'UFC-Que Choisir pour leur manque de transparence tarifaire. Du côté de l'offre, notons dans ce domaine le lancement des contrats Auxia option Sérénité totale (qui garantit l'exécution des funérailles malgré l'inflation), Libre Max des mutuelles Mutac/MMC (qui propose une option dépendance) et, dernièrement, du contrat Matmut.

Les personnes souhaitant se couvrir contre le risque de décès, d'incapacité ou d'invalidité trouveront sur le marché de nouvelles solutions : Sérénia de La Banque postale (qui couvre également en inclusion les "maladies redoutées"), Swisslife Prévoyance Salariés, Serena (assurance cancer féminin chez Metlife), mais aussi de nouvelles assurances accidents de la vie (ciblée séniors chez Axéria, GAV prenant en charge les séquelles temporaires à la Caisse d'épargne), etc... A noter également la sortie d'une gamme de produits d'assurances destinée spécifiquement aux personnes handicapées (Sérénité Handicap), commercialisée par Fapès Diffusion.

Parmi les autres nouveautés de 2011, signalons enfin un contrat de protection juridique chez AcommeAssure (ScommeSerein), des assurances préservant l' e-réputation des assurés (chez Swiss Life et DAS), ou encore une assurance voyage fonctionnant sans justificatifs chez Europ Assistance.

Encore et toujours des applications pour smartphones

Comme en 2010, les applications pour smartphones se sont multipliées en 2011. Contacter plus vite son assurance, accéder à son contrat, déclarer un sinistre, simuler des remboursements, localiser des professionnels sont quelques-unes de fonctionnalités que l'on peut trouver dans les nouvelles applis MGEN, GMF (GMF Mobile, Une vie), Malakoff Médéric, Idmacif, Pacifica, Allianz, April, Mon Generali, Mutuelle des motards, BNP Paribas (Mon Assistant Auto, Mon Assistant Habitation), Amaguiz, Groupama ou MMA...

Et en 2012 ?

En 2012, c'est une certitude : les assurés n'échapperont pas à une nouvelle hausse des tarifs. A partir de la fin de l'année, ce sont essentiellement les femmes qui paieront plus cher leurs cotisations d'assurance. Pourquoi ? Parce que l'Union européenne impose à compter du 21 décembre 2012 la tarification unisexe dans l'assurance.

Le projet de réforme de la dépendance, lui, n'est pas abandonné, aux dires de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, mais simplement reporté à début 2012. A suivre donc...

A suivre également l'examen en cours du projet de loi Lefebvre renforçant les droits, la protection et l'information des consommateurs. Adopté en première lecture par le parlement, celui-ci prévoit notamment l'extension aux contrats individuels d'assurance complémentaire santé du délai de résiliation de deux mois (au lieu de trois actuellement) et la possibilité de résilier son contrat à tout moment en cas d'affiliation à un contrat collectif dans le cadre professionnel.

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