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Banque des particuliers : le bilan de 2011 21 décembre 2011

Tarifs bancaires sous surveillance, nouveaux produits, moyens de paiement innovants... Que retenir de cette année 2011 en tant que consommateur de produits bancaires ? Petit bilan.

Tarifs bancaires : la transparence en bonne voie

2011 a d'abord été, dans le domaine de la banque des particuliers, l'année de la mise en œuvre d'une démarche engagée fin 2010 par l'ex-ministre de l'Economie et des Finances, Christine Lagarde. Objectif ? Réguler les tarifs bancaires et améliorer leur visibilité. Mission accomplie ?

Depuis le 1er janvier 2011, les banques doivent en tout cas présenter, en tête de leurs plaquettes tarifaires et sur leurs sites Internet, une liste de 10 tarifs standard censée faciliter la comparaison des offres par le consommateur. Depuis le 30 juin 2011, les établissements bancaires ont également pour obligation de communiquer à leurs clients le total de leurs frais bancaires à la fin de chaque mois et non plus seulement annuellement.

Une autre mesure s'adresse à la clientèle fragile : il s'agit de l'inclusion dans les offres bancaires de "forfaits sécurité", appelés également gammes de paiement alternatif au chèque (GPA) et proposés à des tarifs accessibles. A noter aussi la fin des pénalités libératoires pour les interdits bancaires émettant des chèques sans provision ou encore l'annonce de la baisse des commissions interbancaires, qui devrait en théorie profiter au consommateur.

Des Français méfiants, des associations vindicatives, des régulateurs vigilants

Au vu de certains sondages, cette démarche vers plus de transparence et de lisibilité des tarifs n'avait rien de superflu. S'ils s'estiment globalement satisfaits des services rendus, les clients des banques sont loin de leur accorder toute leur confiance, comme l'indiquent deux études menées en 2011.

Comme à l'accoutumée, les associations de consommateurs n'ont pas été tendres avec les banques, à commencer par l'UFC Que-Choisir qui les accusait au printemps de multiplier les frais liés à l'utilisation des cartes bancaires, ou Attac et Les Amis de la Terre, qui ont passé les pratiques des banques à leur propre révélateur.

En face, les établissements bancaires ont semblé faire preuve de bonne volonté. La Fédération bancaire française, qui a vivement réagi à l'étude de l'UFC - Que choisir, édite depuis quelques semaines un site pédagogique consacré à la crise. BNP Paribas a lancé de son côté une opération transparence sur ses tarifs...

Mais les vrais arbitres, en dehors des consommateurs, restent les régulateurs et les politiques. En 2011, ces derniers ont multiplié les déclarations, rapports et recommandations. Alors que la Commission de Bruxelles a réclamé elle aussi davantage de transparence à l'ensemble des acteurs européens, le premier rapport de l'Observatoire des tarifs bancaires du CCSF constatait en novembre des progrès intéressants, même s'il en ressort que certains tarifs (en particulier les cartes bancaires), continuent d'augmenter. Sur le plan de la mobilité bancaire, un rapport de l'ACP indiquait également un léger mieux, mais invitait à de nouveaux efforts. Selon le constat conjoint de l'AMF et de l'ACP qui ont émis leurs recommandations à ce sujet, le traitement des réclamations laisse en revanche clairement à désirer.

Enfin, force est de constater enfin que le surendettement continue de progresser et que l'exclusion bancaire concerne encore, selon plusieurs associations, pas moins de 5 à 6 millions de personnes.

Les produits bancaires qui ont marqué 2011

Du côté des nouveaux produits, on retiendra d'abord la sortie du package Bred Multipass, un nouveau forfait personnalisable offrant des réductions tarifaires en fonction du nombre de services souscrits sur le modèle LCL à la carte ou Bouquet Liberté de la Caisse d'épargne.

Comme en 2010, la personnalisation figure parmi les tendances de l'année, et touche à nouveau les cartes bancaires : carte Bijou à la Caisse d'épargne, service de personnalisation au Crédit mutuel, nouveaux visuels à la Société générale, utilisation de l'Iphone pour une carte à son image avec Bred&Moi... De nouvelles cartes bancaires aux fonctions diverses et multiples auront par ailleurs vu le jour en 2011 : carte bancaire et de fidélité chez Banque Casino (Carte Mastercard Casino), carte de fidélité débit-crédit chez Cdiscount, carte cadeau à la Caisse d'épargne (Ca Do Carte), carte facilitant les transferts d'argent à La Banque postale (carte Western Union La Banque postale), carte haut de gamme aux Banques populaires (carte Visa Platinum)...

Autre tendance, la place de plus en plus importante occupée par le support Internet dans les nouveautés produit. En attendant celle de La Banque postale en 2012, la Société générale a lancé son agence en ligne en avril, tandis que la MAE (avec monachatmalinmae.fr) ou le Crédit agricole (avec Malicéa) proposaient chacun un site de cashback pour "dépenser moins". C'est d'ailleurs au sein du groupe Crédit agricole qu'a été menée l'une des initiatives les plus originales de l'année avec la création de Tookam, une banque en ligne aux accents solidaires, accessible via Facebook. Quant aux applications smartphones ou sites mobiles proposant des services bancaires, ils ont continué de se multiplier : à la Caisse d'épargne sur Android ou sur Ipad, chez LCL, à La Banque postale, chez ING Direct ou encore Monabanq.

Adeptes des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, les jeunes apprécieront particulièrement le lancement de Bemix, une offre à la fois bancaire, extra-bancaire et communautaire, proposée conjointement par Fun Radio et le Crédit mutuel Arkéa. Et ils devraient aussi être séduits par la toute nouvelle banque en ligne à 1 euro par mois lancée par la Caisse d'épargne.

Nouveaux moyens de paiement : une révolution en cours ?

Parce qu'elles sont une aide à la maîtrise du budget, les cartes prépayées étaient jusqu'à présent destinées en priorité à la clientèle des jeunes (une nouvelle carte anti-dépassement est proposée par le Crédit du Nord). A en croire les lancements récents (Toneo First, PCS Mastercard, Corpedia, Neocash...), le public des cartes prépayées semble cependant s'être considérablement élargi. Il faut dire que ces cartes jetables disponibles dans de nombreux points de vente ne nécessitent aucune ouverture de compte bancaire, et permettent de régler des achats, retirer de l'argent aux distributeurs ou encore de transférer de l'argent.

Alors que la fraude bancaire augmente sur les paiements à distance, de nouveaux moyens de paiement sur Internet et téléphone mobile ont fait une apparition remarquée dans le quotidien des consommateurs. Baptisés Kwixo (Crédit agricole/LCL) ou Buyster (Bouygues Telecom, Orange et SFR), ces solutions innovantes offrent la possibilité de payer en ligne à l'aide d'un simple numéro de téléphone, rendant ainsi la carte bancaire superflue. De son côté, le leader du marché, la société Paypal, a lancé une application "Send Money", qui permet d'envoyer de l'argent via Facebook.

Enfin, après Nice en 2010, il faut noter le développement dans plusieurs grandes villes du paiement sans contact via des cartes bancaires ou des téléphones portables "Cityzi" équipés de la technologie NFC. En commercialisant elle-même des abonnements téléphoniques associés à un ensemble de services bancaires dont le paiement sans contact (BNP Paribas Mobile), BNP Paribas semble vouloir prendre à temps le virage du mobile banking, promis sans doute à un bel avenir.

Dans ces conditions, le chèque et les espèces sonnantes et trébuchantes seront-ils bientôt un lointain souvenir ? Pas demain en tout cas. Même si plusieurs acteurs proposent déjà des chèques en ligne, la suppression du chèque n'est pas (encore) imminente. Selon un sondage, les Français restent attachés à l'argent liquide. En réponse à la crise de l'euro, un tiers d'entre eux seraient même favorables au retour au franc...

Et en 2012 ?

En 2012, la modération des tarifs bancaires, dans un contexte de crise économique et de difficultés budgétaires pour les Français, devrait rester un sujet d'actualité. Les associations de consommateurs comme les régulateurs ne manqueront pas de rappeler les banques à leurs engagements. Peut-être d'autres établissements suivront-ils l'exemple de Fortuneo, ING et Boursorama, qui ont décidé de supprimer de leur tarification les commissions d'intervention, particulièrement décriées par les associations...

Faisons confiance en tout cas à l'imagination des banquiers pour proposer aux clients de nouveaux produits en phase avec leur époque et les nouvelles technologies. Ainsi, l'année 2012 devrait voir la poursuite du développement des nouveaux moyens de paiement, et peut-être, leur adoption massive par les consommateurs. Déjà de nouveaux acteurs ou produits sont annoncés : Visa lancera V.me, un nouveau service de paiement sécurisé dans le courant de l'année, tandis que Google (avec son porte-monnaie électronique Wallet) ou Apple, avec un Iphone 5 peut-être doté de fonctionnalités de paiement sans contact, pourraient bien bousculer les habitudes.

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