Une étude sur le marché de l'assurance emprunteur dresse un bilan très mitigé de la loi Lagarde. Un an après sa mise en œuvre, l'ouverture du marché n'a pas eu lieu, bien au contraire.
Entrée en vigueur en septembre 2010, la loi Lagarde devait en principe libéraliser le marché de l'assurance de prêt et renforcer la concurrence au profit de l'emprunteur. A garanties équivalentes, elle consacre en effet le libre choix de l'assurance, et empêche les banques de conditionner l'octroi d'un prêt à la souscription de leur contrat de groupe. Or une étude réalisée par BAO auprès de 222 emprunteurs de moins de 40 ans révèle que contrairement aux attentes, l'externalisation de l'assurance emprunteur a diminué en 2011 : alors que 38% de jeunes emprunteurs souscrivaient hors banque en 2009, ils n’étaient plus que 31% en 2011. Selon les auteurs de l'étude, ce phénomène s'explique d'une part par la faiblesse opérationnelle de la loi, qui n’apporte pas aux emprunteurs les moyens effectifs de faire valoir leur choix, d'autre part par l'attitude des réseaux bancaires, qui ont anticipé les effets de la loi et durci leur position d’acceptation des délégations d'assurance tout en renforçant la défense de leurs contrats. Si le niveau d'information des jeunes emprunteurs progresse, 30% s'estiment encore insuffisamment informés. Près d’un emprunteur sur 5 affirme n’avoir pas pu choisir son assurance emprunteur, et donc optimiser son offre de crédit et d'assurance.