S'il est encore difficile de s'en passer totalement au quotidien, la possession d'un compte bancaire n'est plus tout à fait nécessaire, en 2011, pour payer, recevoir ou transférer de l'argent. Très en vogue dans les pays anglo-saxons, les cartes prépayées débarquent en France et viennent satisfaire les besoins de certaines catégories de population. Tour d'horizon.
Payer des achats, envoyer ou recevoir de l'argent, rembourser un ami... ? Rien de plus simple direz-vous, il suffit d'utiliser les services de votre banque : la carte bancaire, les chèques, ou autres virements remplissent parfaitement ces fonctions...
Or on oublie souvent que pour certaines personnes, ouvrir un compte bancaire n'est pas un jeu d'enfant. Première condition exigée par les banques : être majeur ou mineur émancipé, ce qui exclut d'emblée les plus jeunes. Deuxième condition : fournir à la banque une pièce d'identité, passeport ou carte nationale d'identité en cours de validité. Un justificatif de domicile (facture d'électricité ou quittance de loyer) vous sera également demandé, même si pour les personnes sans domicile fixe ou stable, une attestation d'élection de domicile, délivrée par les centres d'actions sociale, les associations ou les centres d'hébergement, peut suffire. Enfin, la banque recueillera un spécimen de votre signature afin de le comparer à celle que vous apposerez sur vos chèques. Ce n'est qu'après vérification de ces informations, mais aussi de votre capacité juridique et du fait que vous n'êtes pas inscrit comme interdit bancaire sur les fichiers de la Banque de France, que la banque ouvrira votre compte.
Les banques sont toutefois libres de refuser l'ouverture d'un compte sans avoir à justifier leur décision. Dans ce cas, elles sont censées remettre au demandeur une attestation de refus d'ouverture de compte, de sorte que celui-ci puisse faire valoir son droit au compte. La procédure du droit au compte permet à toute personne capable, majeure, pouvant justifier de son identité et de son domicile en France, d'ouvrir un compte bancaire après avoir essuyé un ou plusieurs refus. En pratique, la demande s'effectue auprès de la Banque de France, qui désigne d'office une agence bancaire où sera domicilié votre compte. Vous bénéficierez alors d'un service bancaire de base (qui comprend notamment une carte de paiement et l'encaissement de virements reçus), et ce même si vous êtes interdit bancaire.
Il n'empêche : toute une population "d'exclus" du compte bancaire (jeunes, immigrés en situation irrégulière, surendettés et interdits bancaires) peut trouver intérêt dans le développement actuel de produits et services alternatifs. Sans compter que la tenue d'un compte bancaire à l'année représente un coût non négligeable. Et qu'une partie de la population reste frileuse à l'idée de communiquer sur Internet son numéro de carte bancaire.
Bien que n'ayant pas l'âge d'ouvrir un compte bancaire, les jeunes de moins de 18 ans pouvaient déjà bénéficier, dès 12 ans, de cartes de retrait gratuites, associées à leur livret d'épargne et utilisables uniquement aux distributeurs des banques ayant délivré la carte. Depuis 2007, et le lancement par la Caisse d'épargne de la première carte prépayée et rechargeable, ils peuvent désormais effectuer des paiements chez les commerçants, en France et à l'étranger, dans les limites d'un montant disponible chargé par leurs parents.
Spécialement destinées aux adolescents de 12 à 17 ans, ces cartes prépayées et rechargeables se sont depuis multipliées sur le marché. On en compte aujourd'hui près d'une dizaine, aux noms le plus souvent évocateurs : Indépendance chez LCL, Wizz à la Bred Banque populaire, Jump chez BNP Paribas, Independance Day au Crédit mutuel, carte J au CIC, Carte bancaire rechargeable à la Maif, Carte rechargeable au Crédit du Nord...
Cartes de paiement internationales Visa ou Mastercard, elles ont en commun de ne nécessiter aucune ouverture de compte : à la souscription, la somme d'argent est chargée directement sur la carte, avec des plafonds variant selon les établissements (jusqu'à 799 euros pour la carte Jump). Elles sont rechargeables, toujours par les parents, mensuellement ou ponctuellement, en agence, sur Internet, et pour certaines d'entre elles aux distributeurs automatiques.
Ces cartes présentent l'avantage d'accorder aux jeunes davantage d'autonomie. Elles leur permettent de payer ou retirer de l’argent quand ils le souhaitent, même éloignés de leurs parents, par exemple lors d'un voyage scolaire à l’étranger. Mais elles rassurent aussi ces derniers, qui conservent un certain contrôle sur l'utilisation des montants dépensés, via les rechargements et les plafonds de retraits et de paiements. La plupart du temps, les cartes prépayées pour les jeunes offrent des réductions ou avantages particuliers auprès d'enseignes partenaires. Leur prix s'établit autour de 15 euros par an en moyenne.
Depuis quelques mois, vous pouvez acheter sur Internet, dans les bureaux de tabac ou les stations services des cartes prépayées et rechargeables totalement déconnectées de tout compte bancaire. Une nouveauté rendue possible par la transposition en droit français de directives européennes sur les services de paiement, et l'apparition de nouveaux acteurs appelés "établissements de paiement", habilités à émettre des cartes universelles de paiement, estampillées Visa ou Mastercard.
Qu'elles s'appellent entre autres PCS Card (Creacard), Toneo First (Central Telecom) ou Corpedia (Corpedia Financial), ces cartes peuvent être utilisées partout dans le monde pour :
Pour s'en procurer, aucune formalité particulière n'est exigée. Les cartes ont une durée de validité limitée, le plus souvent de deux ou trois ans. Elles s'achètent anonymement, sans engagement ni vérification de solvabilité, directement sur le point de vente ou sur Internet (via un compte Paypal ou un virement bancaire). L'activation se fait par SMS ou sur Internet, via un code communiqué lors de l'achat. Une fois activée, la carte peut être chargée ou rechargée de plusieurs manières en fonction de l'émetteur (espèces, carte bancaire, virement, chèque...), toujours dans la limite des plafonds autorisés (par exemple 1.000 euros pour la carte PCS, mais 6.500 euros si vous fournissez des documents justificatifs).
Avantages de ce type de cartes ? Une très grande facilité de souscription et d'utilisation, avec des garanties de sécurité identiques à celles d'une carte bancaire classique (possibilité de faire opposition en cas de perte ou de vol). Mais aussi un meilleur contrôle de vos dépenses : seul peut être utilisé le montant prépayé disponible sur la carte, ce qui annule le risque de découvert. Mais attention : les cartes prépayées et rechargeables. En dehors du coût d'achat (15 euros environ pour PCS et Toneo First), elles engendrent des frais, variables selon la carte et la société émettrice (frais de gestion, frais de retrait aux distributeurs, frais sur les transferts de carte à carte, etc...).
Indéniablement, les cartes prépayées et rechargeables ouvrent de nouvelles perspectives aux populations peu ou pas bancarisées, clairement la cible de ces nouveaux produits. Pour tout un chacun, elles peuvent constituer une solution d'appoint, pour une gestion maîtrisée du budget. Sachez néanmoins que pour un coût similaire, les banques commercialisent des cartes à autorisation systématique qui vous permettront de bénéficier du confort que peut apporter un compte bancaire (virements et prélèvements, sécurité des fonds, domiciliation du salaire...).
Parmi les usages privilégiés des cartes prépayées sans compte bancaire figure en bonne place les transferts d'argent internationaux.
Apparues sur le marché fin 2009, les cartes Transcash visent ainsi clairement les personnes souhaitant échanger régulièrement des sommes d'argent avec des proches situés à l'étranger. Ces cartes fonctionnent sans compte bancaire et s'achètent en grande surface, sur Internet, chez le buraliste ou le marchand de journaux. Commercialisé 19,90 euros, le pack Transcash comprend deux cartes de paiement internationales Visa. La première, de couleur noire, reste en possession du souscripteur. Rechargeable, elle est créditée des montants à transférer. La seconde, de couleur rouge, est remise ou envoyée au futur destinataire des transferts. Les deux cartes sont également utilisables sur l’ensemble du réseau Visa, pour effectuer des achats chez les commerçants ou sur Internet, jouer en ligne ou retirer des espèces aux distributeurs de billets.
Pratiques et simples d'utilisation, les cartes Transcash ont donc été conçues comme une alternative aux solutions habituelles que constituent le virement bancaire international, les transferts Western Union ou le mandat postal international. Pour transférer de l'argent à l'autre bout du monde en quelques minutes, il suffit donc de posséder une pièce d’identité en cours de validité, d’acheter un pack et de disposer d'une somme à transférer. A noter tout de même les frais appliqués à chaque recharge (de 2 à 25 euros en fonction du montant rechargé).
Compte bancaire ordinaire (appelé également compte courant, compte chèque ou compte à vue), utilisé pour gérer quotidiennement son argent. C’est sur ce compte qu’un client dispose en général d’une carte bancaire et/ou d’un chéquier. Le compte doit être créditeur, sauf accord avec la banque.
Carte délivrée par une banque ou un établissement de paiement permettant d’effectuer exclusivement des retraits d’espèces dans des automates. Son utilisation peut être limitée ou non à une seule banque, établissement de paiement ou agence bancaire. Pour des raisons de sécurité, les montants des retraits sont limités suivant les conditions propres à chaque carte.